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Chiffres Farce et attrape

Cancer du col de l’utérus et vaccin : hallucination collective

La solution contre le cancer du col de l’utérus ? La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV). C’est écrit partout. Absence de tout sens critique. Nous sommes en mode Covid. Et les zélotes veulent même vacciner les garçons.

Prenons le cas de l’Australie. Hémisphère sud, la tête à l’envers. Ses kangourous, ses requins, son désert intérieur.

Pourquoi l’Australie ? Parce que ce pays est le pionnier mondial de la vaccination anti-HPV avec une campagne nationale (et gratuite) lancée dès 2007.

Données et graphiques officiels :

https://www.canceraustralia.gov.au/cancer-types/cervical-cancer/cervical-cancer-australia-statistics

Commençons par l’incidence. Le nombre de cas, taux par 100 000 femmes (âge standardisé, seule méthode valable pour comparer sur le temps une population qui vieillit mécaniquement).

Que voit-on ? L’incidence avait chuté bien avant le début de la vaccination, pour atteindre un plancher entre 7 et 8 pour 100 000.

Vingt ans après, ils barbotent toujours dans la même bande.

Certains me rétorqueront : “bon d’accord, mais ça protège de la mooooooooooort ! Des dizaines de millions de femmes échappent ainsi à la mooooooooort grâce au vaccin !” (ces gens remplacent l’intelligence qui leur manque par des hyperboles absurdes).

Le gouvernement australien nous fournit les taux de mortalité (pour 100 000), âge standardisé.

Que voit-on ?

Rien, justement. Enfin, disons pas grand chose. 😉

Deux décès pour 100 000 en 2007 contre 1,9 en 2023.

Vous la sentez bien l’efficacité efficace ?

On note que la mortalité baissait de manière continue bien avant 2007.

Ca pique, c’est le cas de le dire.

Enfin, pour achever de mettre la situation en perspectives, posons les chiffres bruts.

Ce cancer a tué combien d’Australiennes en 2023 ?

265.

Et en 2025 ? 254 (estimation).

L’Australie comptait combien de femmes (de 18 ans et plus) en 2023 ?

10,5 millions (population féminine totale = 13,4 millions).

Si vous voulez le nombre brut de décès par année depuis 1982, c’est ici (tableau A20.5) : https://www.aihw.gov.au/reports/cancer-screening/ncsp-monitoring-report-2025/contents/additional-data-tables/a20-mortality-from-cervical-cancer

Les données sont bien entendu confidentielles (on ne plaisante pas avec les contrats commerciaux surtout pour les vaccins), toutefois l’achat des produits coûte des dizaines de millions de dollars australiens, chaque année (payés par les contribuables).

Tout ça pour ça.

En admettant que le vaccin ne présente pas d’effets secondaires actuels et futurs (lire plus bas)… il a au mieux une action infinitésimale sur un problème lui-même infinitésimal.

Voire aucun effet du tout (sur l’incidence et la mortalité).

Concernant la prévalence de ces fameux papillomavirus, des études montrent une baisse marquée pour les génotypes couverts par le vaccin (étude 2012 par exemple), avant et après les campagnes d’injections.

Mais il existe de nombreux types HPV non couverts par le vaccin.

Une bizarrerie : la même baisse (des infections) était constatée chez les femmes non vaccinées ! 😉

Les observateurs -inspirés- conclurent que cela pouvait AUSSI démontrer l’efficacité du vaccin via la baisse de… la transmission (en clair comme tout le monde fornique avec tout le monde, des femmes non-vaccinées se trouvaient ainsi protégées à l’insu de leur plein gré grâce à des partenaires masculins ayant eu seulement des rapports avec des femmes vaccinées. Vous suivez ?)

Au-delà, rappelons que chez 80 % à 90 % des personnes, les infections HPV (y compris les type 16 et 18, ceux considérés comme les plus oncogènes) se résorbent naturellement (sans lésions) en 1 à 2 ans.

Comme d’habitude avec le cancer, nous sommes loin des inférences binaires qu’affectionnent certains scientifiques (car elles font moins mal à la tête et rapportent beaucoup plus d’argent) :

-si infection HPV type 16 alors cancer

-si vaccin HPV type 16 alors pas infection HPV type 16 et donc pas cancer

Les HPV ne semblent pas être les seuls facteurs dans l’apparition de lésions cancéreuses et l’évolution de la maladie.

Chaque décès constitue par définition une tragédie individuelle mais sur le sujet du cancer du col de l’utérus et de la vaccination HPV “pour tous” censée l’éradiquer, le constat paraît sans appel : nous nageons dans la patascience et l’hystérie.

Prêcher, comme une religion, la vaccination de TOUTES les filles et de TOUS les garçons (à partir de 11 ans !)… c’est d’abord un vol à main armée et ensuite de la folie.

En juin 2026 Merck a accepté de payer 50 millions de dollars dans un accord à l’amiable visant le Gardasil… Vous ne saviez pas ? La presse française -toujours très timide- a peu relayé cette information.

https://www.aboutlawsuits.com/gardasil-settlement-50m-payout-hpv-vaccine-manufacturer/

Les 200 plaintes concernaient “des syndromes de tachycardie orthostatique posturale (POTS) et des troubles ovariens que les plaignantes attribuaient au vaccin.”

Il faut bien entendu préciser que cela ne constitue pas une reconnaissance judicaire de la responsabilité du vaccin dans les troubles invoqués.

cdubuit@onconautes.com

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Chiffres

Monde : 1 cancer sur 8 d’origine infectieuse

« Je parie que d’ici 2050 – et peut-être même plus tôt – nous aurons découvert que plus de 80 % des cancers humains sont d’origine infectieuse. Ce chiffre pourrait atteindre 95 %. En 1975, on estimait qu’il était nul. »

Vous vous souvenez ? Il s’agit du fameux pari fait en 2009 par Paul Ewald, biologiste américain (lire son interview ici).

Le Centre international de recherche sur le cancer (qui dépend de l’OMS) publie une étude dans le Lancet quantifiant les cancers causés par des infections (virus, bactéries, parasites).

Lien : https://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(26)00307-4/fulltext

Résultat ?

En 2024, 1 cancer sur 8 dans le monde avait une origine infectieuse (environ 2,3 millions de cas soit 12 % du total).

C’est l’Asie orientale qui supporte la plus grosse part du fardeau (900 000 cas).

Côté pathogènes, on retrouve les usual suspects en tête : la bactérie Helicobacter pylori (cancer gastrique), le papillomavirus (HPV, cancer du col de l’utérus), le virus de l’hépatite B (cancer hépatique) et le virus Epstein–Barr (lymphome de Burkitt).

Bref : rien de neuf sous le crabe.

Les estimations précédentes faisaient état de 1 cancer sur 5.

Il est important de rappeler ce fait fondamental : il n’existe pas d’organisation forte de milliers de petites mains qui additionneraient les cas de cancer et qui identifieraient la ou les causes pour chaque.

Ces travaux sont des compilations de compilations d’origine nationale très variée, des estimations, des modèles, des calculs statistiques.

Cela ne signifie pas que ces travaux sont inutiles. Mais il faut toujours les (re)mettre en perspective.

Ils ouvrent une petite fenêtre sur le Réel.

Par exemple, j’aime à rappeler que tous les chiffres relatifs à l’incidence par type de cancer en France (lire panorama 2026) reposent sur 2 dizaines de registres locaux dont les données sont extrapolées, triturées, malaxées (un registre national vient d’être créé mais il faudra attendre plusieurs années)…

Bref, à prendre avec de très longues pincettes (les chiffres des décès par cancer sont, eux, beaucoup plus fiables).

Un mot à présent sur ces fameuses “causes infectieuses”.

Je vais être direct : quand ma belle-soeur thaïlandaise est décédée à Bangkok en 2018 d’un cancer du sein… aucune autopsie n’a bien sûr été pratiquée ni aucune analyse effectuée (idem pour ma mère décédée à Paris en 2020).

Comment savoir alors si elle était rongée par un ou plusieurs microorganismes ?

Et dans l’affirmative, quelles étaient les actions directes -ou indirectes- de ce ou ces pathogènes sur le développement de sa maladie ?

Nous n’en savons rien car nous ne regardons pas. CQFD.

Pire encore (je le répète souvent) tout un règne du vivant à la fois gigantesque et fascinant, nous échappe encore : le mycobiome. Le monde des champignons (dont certains vivent en nous et sur nous et peuvent devenir pathogènes).

Nous ne somme qu’au début de l’exploration.

Et le pari de Paul Ewald continue d’agir comme un phare et d’exciter notre curiosité.

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Chapitre 14

Phytoalexines versus cancer : l’analyse de Mark Lintern

Vous connaissez le britannique Mark Lintern. J’ai souvent évoqué son livre (La cause du cancer enfin trouvée ? Le microorganisme parasite qui bouscule les théories existantes, traduit en français par les éditions Marco Pietteur).

Il a baptisé sa théorie “Cell suppression” que j’aime traduire par “manipulation cellulaire”.

Selon Lintern, des microorganismes pathogènes (de nature fongique) provoquent/alimentent les processus cancéreux en piratant la machinerie de nos cellules.

Il vient de publier sur son site Substack un article remarquable, en 5 parties, intitulé : “Is food medicine ? Why do plant compounds selectively kill cancer cells, without harming healthy cells ?“

Le constat de départ ? De nombreuses molécules issues du monde végétal possèdent des propriétés antitumorales (citons curcumine, quercétine, resvératrol, CBD, EGCG, sulforaphane, etc.).

La liste est très longue et largement documentée (multiples études in vitro, in vivo).

J’ai abordé ce phénomène -un véritable Janus biochimique- dans le chapitre 14 de mon livre (voir aussi la rubrique éponyme sur onconautes.com).

La question est : comment ces produits agissent sur les cellules cancéreuses sans endommager les cellules saines ni celles de microorganismes commensaux (les nombreuses espèces fongiques qui peuplent nos microbiotes) ?

Comment comprendre une telle sélectivité ?

Voici l’explication conventionnelle : ces substances interagissent avec de nombreuses voies de signalisation (signaling pathways) associées au cancer (PI3K, AKT, mTOR, NF-κB, Wnt, etc.).

Fermez le ban.

Mark Lintern explore une autre voie (une “réinterprétation” dit-il), plus logique.

Ces molécules -appelées “phytoalexines” et “phytoanticipines”- ne sont pas des nutriments. Ce sont des mécanismes de défense face à des menaces extérieures (champignons, bactéries ainsi que certains prédateurs), forgées par l’évolution sur des centaines de millions d’années.

Les premières sont produites à la demande face à une agression, les secondes sont présentes en permanence dans les végétaux.

Elles ciblent des pathogènes précis.

Mieux encore : elles peuvent distinguer l’état de certains de ces microorganismes. Lintern illustre ce phénomène avec Candida Albicans qui peut prendre 2 formes (chez les humains, les animaux) : levure ou filamenteuse (la forme pathogène), avec les exemples de la quercétine et du CBD.

Grâce à la théorie de Lintern, on peut en déduire que les actions sur les cellules cancéreuses ne sont pas le mécanisme premier de ces substances. “Il s’agit plutôt de la conséquence en aval du ciblage de l’agent pathogène qui a détourné la machinerie cellulaire“, écrit-il.

Je me permets de reformuler son idée : si la quercétine par exemple affecte les cellules tumorales via plusieurs voies de signalisation, ce n’est pas un hasard biologique mais le signe qu’elle remplit son rôle : lutter contre un ou des pathogènes.

L’article de Mark Lintern est riche (je n’en fais ici qu’une synthèse rapide).

Je vous invite à vous abonner à son Substack pour lire l’intégralité de son travail.
https://marklinterncst.substack.com/p/why-do-plant-compounds-appear-to

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Farce et attrape

“Si ça ressemble à un canard…”

… vous connaissez l’adage.

“To mimic” (ou mimick). Verbe anglais. Imiter, mimer, singer, simuler.

Des infections fongiques (bactériennes et parasitaires aussi) possèdent une étonnante capacité… Elles peuvent imiter des cancers au point que les oncologues en perdent leur latin médical et les confondent.

Etonnant, non ?

J’avais évoqué cela brièvement dans mon livre… C’est l’occasion d’y revenir car on note une succession de cas publiés depuis le début de l’année.

Cela ne prouve rien bien entendu.

Au pire, on peut en sourire et au mieux cela ouvre des perspectives intéressantes.

cdubuit@onconautes.com

Rapports de cas

Octobre 2026
Toute masse œsophagienne distale n’est pas forcément un cancer : l’œsophagite nécrosante aiguë prenant l’aspect d’une pseudotumeur
https://www.ovid.com/jnls/ajg/abstract/10.14309/01.ajg.0001227584.36078.c1~s4583not-every-distal-esophageal-mass-is-cancer-acute

Octobre 2026
Une masse colique qui n’était pas un cancer : la maladie de Crohn sténosante simulant une affection maligne du côlon
https://www.ovid.com/jnls/ajg/abstract/10.14309/01.ajg.0001230764.68016.16~s5378a-colonic-mass-that-was-not-cancer-stricturing-crohns

Octobre 2026
Quand des parasites imitent un cancer : colite à Entamoeba histolytica simulant une affection maligne du cæcum
https://journals.lww.com/ajg/abstract/10.14309/01.ajg.0001226300.96342.2e~s4262when-parasites-play-cancer-entamoeba-histolytica

Octobre 2026
Cryptococcose pulmonaire mimant une progression métastatique malgré la stabilité de la maladie systémique dans un cancer du côlon avancé
https://doi.org/10.1097/md.0000000000050959

Septembre 2026
D’une métastase présumée à une infection : la coccidioïdomycose mimant un adénocarcinome gastro-œsophagien métastatique
https://revistagastroperu.com/index.php/rgp/article/view/2229

Septembre 2026
Infection cutanée multifocale à Mycobacterium chelonae chez un patient atteint d’un cancer du poumon et présentant des lésions cutanées mimant des métastases : un défi diagnostique et thérapeutique
https://link.springer.com/article/10.1186/s12890-026-04711-3

Septembre 2026
Toutes les masses pancréatiques ne sont pas cancéreuses : une tuberculose pancréatique simulant une tumeur maligne
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC13574469/

Septembre 2026
Infection pulmonaire à Schaalia odontolytica sans granulés de soufre, mimant un cancer du poumon et réfractaire sur le plan radiologique à un traitement par bêta-lactamines
https://link.springer.com/article/10.1186/s12879-026-14494-x

Août 2026
Attention à la chauve-souris : une infection rare simulant un cancer du poumon
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42575148/

Août 2026
Histoplasmose pulmonaire mimant un adénocarcinome pulmonaire récidivant
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213007126001218

Juillet 2026
Laryngite fongique invasive : une affection rare simulant un cancer du larynx
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S193004332600823X

Juillet 2026
Infection pulmonaire à Nocardia paucivorans simulant un cancer du poumon chez un patient immunocompétent
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC13329108/

Juillet 2026
Basidiobolomycose iléo-cæcale simulant une néoplasie : données histopathologiques et justification d’un traitement non chirurgical
https://www.wjgnet.com/2307-8960/full/v14/i19/121056.htm

Juillet 2026
Actinomycose abdominale simulant un cancer intestinal
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41854358/

Mars 2026
Coinfection par paracoccidioïdomycose et cryptococcose simulant des métastases pulmonaires chez un patient en oncologie
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1413867026005544

Mars 2026
Tuberculose prostatique simulant un cancer de la prostate cliniquement significatif chez un patient présentant un faible volume d’éjaculat
https://assets.cureus.com/uploads/case_report/pdf/495075/20260803-224859-u2sgfy.pdf

Février 2026
Un cas rare simulant un cancer, diagnostiqué par échographie endobronchique
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12910351/

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Molécules repositionnées

Niclosamide et nitazoxanide : 2 autres antiparasitaires contre le cancer

Vous connaissez les benzimidazoles carbamates (mébendazole, fenbendazole, albendazole, etc.) ainsi que l’ivermectine, tous repositionnés contre le cancer, n’est-ce pas ?

Aujourd’hui, je vous présente deux autres médicaments antiparasitaires (anthelminthiques, antiprotozoaires) qui -ô coïncidence- ont également des propriétés antitumorales.

Oui, je sais, cela commence à devenir lassant. 😉

Je vous laisse demander à votre oncologue préféré pourquoi de si nombreux produits antiparasitaires -reposant sur des mécanismes biochimiques très différents les uns des autres- ont EN PLUS la capacité de détruire des cellules cancéreuses.

Sa mine ahurie voire son rictus colérique éclaireront votre journée. Promis.

NICLOSAMIDE

Commençons par le plus ancien : le niclosamide. Synthétisé en 1953 par le géant allemand Bayer. D’abord utilisé comme… molluscicide.
Début de l’usage chez l’homme en 1962 comme anthelminthique (vermifuge).

En 1977, l’OMS l’intègre à la première édition de sa liste des “Médicaments essentiels” (à noter : le mébendazole, l’albendazole et l’ivermectine en font partie aussi).

La FDA l’autorise aux Etats-Unis en 1982 comme traitement contre l’infection du ténia (ver solitaire) et autres vers plats.

Comment ça marche ? Le niclosamide bloque la synthèse de l’ATP et l’absorption du gluclose (énergie cellulaire). En gros : plus assez de carburant alors le parasite meurt.

Vous noterez que les benzimidazoles carbamates agissent très différemment (perturbation des microtubules, l’échaffaudage des cellules, qui jouent un rôle important lors de la division cellulaire).

Quant à l’ivermectine, elle agit sur les canaux chlorure glutamate-dépendants présents dans les cellules nerveuses et musculaires des invertébrés, entraînant paralysie et mort.

NITAZOXANIDE

En 1973, le chimiste et médecin Jean-François Rossignol synthétise le produit. Il le teste ensuite avec Raymond Cavier, un autre Français. Double cocorico.

Premiers tests cliniques chez l’homme en 1984. Il est principalement utilisé pour traiter les diarrhées infectieuses dues aux protozoaires.

Une étrangeté : on remarque des usages hors AMM contre d’autres parasitoses, des virus gastro intestinaux (rotavirus, norovirus, adénovirus), diarrhées à Clostridium, infections à Helicobacter pylori, la dengue (expérimental) et même la grippe (et autres infections respiratoires…).

Il y a même eu quelques tests cliniques (phase 2/3) à ce sujet.

Lire aussi la synthèse faite par Jean-François Rossignol et publiée en 2014.

Mécanisme principal : il empêche les parasites et les bactéries anaérobies de produire de l’énergie en bloquant une enzyme clé appelée pyruvate ferredoxine oxydoréductase (PFOR).

Le brevet déposé en 1974 fait même état d’activité fongistatique (selon une étude chinoise publiée en janvier 2026, il augmente la sensibilité des Candida albicans au fluconazole).

Le nitazoxanide bénéficie d’une bonne biodisponibilité. Cela lui donne un effet davantage systémique que le niclosamide (qui se concentre dans les intestins). Formellement, on parle de la famille chimique des “thiazolides” et c’est le tizoxanide (son métabolite principal) qui fait le travail.

Des études récentes montrent que le nitazoxanide possède une activité antivirale contre les coronavirus humains (plus des propriétés anti-inflammatoires) !

Eh oui, même le Sars-Cov2. Il y a eu des tests, mais on n’a pas jugé les résultats à la hauteur d’autres produits comme le paxlovid (de Pfizer) autorisé en décembre 2021… Nouveau et plus cher. Forcément. Mais ceci est un autre débat. 😉

Le 7 juillet 2022, la Haute Autorité de la Santé française refuse la demande d’autorisation d’accès pour une version en comprimé du nitazoxanide, le Rizverti 300 mg du laboratoire ACoVIT repositionné face au Covid (avec risque élevé d’évolution en forme sévère).

Bref, cette molécule s’apparente à un couteau-suisse.

Notons que le niclosamide et le nitazoxanide sont (aussi) inhibiteurs de TMEM16A qui est une protéine souvent surexprimée dans certains cancers (comme les cancers de la tête et du cou, ou gastro-intestinaux) mais également impliquée dans l’asthme, l’hypertension, etc.

Cette précision permet de rappeler que les médicaments n’ont jamais UNE SEULE propriété biochimique… mais plutôt un éventail.

C’est la base du repositionnement médicamenteux.

Seuls les sots (donc l’écrasante majorité des oncologues) sont persuadés qu’il est impossible qu’un médicament vermifuge puisse également agir contre des cellules cancéreuses… car ce n’est tout simplement pas écrit sur la notice ! 😉

Je force à peine le trait.

Et les régulateurs instrumentalisent cette ignorance crasse quand ça les arrange. On se souvient ainsi de la campagne de la FDA en août 2021 contre l’ivermectine “vous n’êtes pas un cheval, vous n’êtes pas une vache“… la même FDA ayant autorisé son utilisation chez l’homme… en 1996. Quand le cynisme s’ajoute à la désinvolture.

Enfin, cela ne vous étonnera pas : on trouve pour les 2 médicaments des études et des brevets décrivant des applications anticancéreuses.

Je pense qu’il faut toujours explorer l’angle des brevets car, répétons-le :

Greed, for lack of a better word, is good. Greed is right, greed works. Greed clarifies, cuts through and captures the essence of the evolutionary spirit. Greed in all of its forms. Greed for life, money, love, knowledge, has marked the upward surge of mankind. (la célèbre tirade du personnage de Gordon Gecko, dans le film Wall Street, 1987).

(pour les 50 brevets déposés en un demi-siècle concernant les benzimidazoles carbamates repositionnés face au cancer, lire mon dossier ici).

Et la liste des déposants, souvent prestigieux, suffit à rendre les négationnistes Gros-Jean-comme-devant.

Ainsi, quand l’université américaine et centre anticancer Johns Hopkins dépose 2 brevets autour du mébendazole en 2016 et 2019… votre oncologue lambda se cache sous son bureau : dépassé, ridiculisé, en un mot ringardisé.

BREVETS NICLOSAMIDE

2003, Etats-Unis (CombinatoRx Inc)
Methods for the treatment of neoplasms
https://patents.google.com/patent/WO2004006906A2/en

2004, Etats-Unis (Mehran Khodadoust, Bionaut Pharmaceuticals Inc)
Anti-neoplastic agents, combination therapies and related methods
https://patents.google.com/patent/US20050250709A1/en

2008, Chine (Guangzhou Institute of Biomedicine and Health of CAS)
New application of niclosamide or its pharmaceutically acceptable salt
https://patents.google.com/patent/CN101254183A/en

2012, Allemagne (Max Delbrueck Centrum fuer Molekulare in der Helmholtz Gemeinschaft)
Niclosamide for the treatment of cancer metastasis
https://patents.google.com/patent/WO2012143377A1/en

2012, Allemagne (Rheinische Friedrich Wilhelms Universitaet Bonn, Life and Brain GmbH)
Niclosamide and its derivatives for use in the treatment of solid tumors
https://patents.google.com/patent/US9844522B2/en

2016, Singapour/Italie (Chit Fang Cheok, Ramesh Kumar)
Use of niclosamide in the treatment of p53-deficient cells
https://patents.google.com/patent/WO2017048197A1/en

2016, Russie (Centre national de recherche Institut Kourtchatov)
Anticancer drug based on niclosamide
https://patents.google.com/patent/RU2617049C1/en

2019, Etats-Unis (Columbia University in the City of New York)
Activation of mitochondrial uncoupling as a therapeutic intervention
https://patents.google.com/patent/US20210161937A1/en

2019, Etats-Unis (Université Duke, Caroline du Nord)
Niclosamide analogues and therapeutic use thereof
https://patents.google.com/patent/US20210179615A1/en

2023, Etats-Unis (Tan A. Ince, Cornell University)
Cell-of-origin targeted drug repurposing for triple-negative and inflammatory breast carcinoma with hdac and hsp90 inhibitors combined with niclosamide
https://patents.google.com/patent/US20240226074A1/en

2025, Etats-Unis (Ohio State Innovation Foundation)
Niclosamide prodrugs for treating cancers
https://patents.google.com/patent/WO2025255213A1/en

BREVETS NITAZOXANIDE

2012, Etats-Unis (Jean-François Rossignol, Romark)
Use of thiazolide compounds for the prevention and treatment of viral diseases, cancer and diseases caused by intracellular infections
https://patents.google.com/patent/US20120294831A1/en

2015, Etats-Unis (Jean-François Rossignol, Romark)
Compositions and methods of treatment with prodrugs of tizoxanide, an analogue or salt thereof
https://patents.google.com/patent/US20170334868A1/en

2018, Etats-Unis (Jean-François Rossignol, Romark)
Inhibition of protein disulfide-isomerase a3
https://patents.google.com/patent/US20200038377A1/en

2020, France (Genfit SA)
Nitazoxanide et thiazolides destinés à être utilisés dans le traitement de maladies associées au stress oxydatif
https://patents.google.com/patent/EP3952869A1/fr

2020, Chine (Shenzhen Luohu Peoplel’s Hospital)
Application of nitazoxanide and pharmaceutically acceptable salt thereof in preparation of medicines for treating bladder cancer
https://patents.google.com/patent/CN111973593A/en

2021, Chine (Beijing Junke Huayuan Med Tech Co Ltd)
Pharmaceutical composition comprising tizoxanide and pharmaceutical use thereof
https://patents.google.com/patent/US12378210B2/en

2021, Chine (Southern University of Science and Technology)
Application of nitazoxanide in pharmaceuticals
https://patents.google.com/patent/CN114042064A/en

2022, Chine (Southern University of Science and Technology)
Screening method of medicament for preventing prostatic cancer and application of nitazoxanide in pharmacy
https://patents.google.com/patent/WO2023077711A1/en

2025, Chine (Beijing Sanbo Brain Hospital Co ltd)
Use of nitazoxanide and pharmaceutically acceptable salt thereof in preparation of anti-adamantinomatous craniopharyngioma drug
https://patents.google.com/patent/WO2025251699A1/en

PUBLICATIONS

Côté publications scientifiques revues par les pairs, vous connaissez désormais la musique et l’étalon de mesure : la recherche sur PubMed.

–niclosamide + cancer (uniquement sur le titre) = 125 résultats (de 2011 à 2026)

–nitazoxanide + cancer (uniquement sur le titre) = 19 résultats (de 2013 à 2026)

QUE PEUT-ON EN CONCLURE ?

La réponse est toujours duale.

Si vous êtes un zélote ou un affidé de Big Cancer, vous nierez, vous minimiserez, vous moquerez ou vous ignorerez (dans l’ordre ou dans le désordre).

Si vous êtes un médecin sérieux alors vous ouvrirez vos neurones et vous prendrez le sujet à bras le corps.

Cela s’appelle la curiosité : le moteur de la recherche scientifique.

cdubuit@onconautes.com